Le marseillais Chris Boyer a découvert la photographie en 1978. Autodidacte passionné, il s'aguerrit rapidement de la technique pour s'abandonner à ses vibrations rétiniennes. Si, modeste il s'accorde à dire qu'il "fait de la photo comme tout le monde", seul son regard vif et acéré capte au 1/500ème de seconde l'expression, l'action, l'évènement que nul ne perçoit. Sans cesse à l'affut d'une "belle image", il fige avec ses tripes l'humain, l'urbain, les formes, la musique et la lumière avec le pudique talent qui l'habite.

Le point  de départ des photographies de Chris Boyer est de conserver une trace des choses. Chaque expérience laisse une marque, et une photographie peut en devenir une preuve, fictive ou non.  Et chaque marque renvoie au passage du temps. L’usage du noir et blanc s’inscrit dans la volonté du photographe de rendre compte et par la même rejoindre la tradition de la photographie de rue. Sa singularité tient du fait que Chris Boyer sait composer avec pudeur sans faire de concession sur la réalité , se consacrant à la subjectivité, et influencé par l’esthétique cinématographique, ses images très respectueux pour les personnes représentées, rejoint la photographie humaniste.

Les photographies de Chris Boyer forment un récit, elles sont parfois dures, même tragiques, comme celles de ses portraits, elles deviennent silencieuses et émouvantes au moment où il s’approche d’un tournesol. À chaque fois, il  a cherché à comprendre, à ne pas juger mais à suivre avec ses yeux ce qui se passait autour de lui afin de l’interpréter à la lumière de  sa sensibilité d’être humain.  :  à la recherche de la beauté de l’âme humaine et de la profondeur des cœurs et des âmes,  Chris Boyer  cherche à  saisir dans le vif des choses, en faisait appel à  un « regard » d’une sensibilité exceptionnelle.